17 mai 2007

Se souvenir d'un homme...

Ce n'est pas "comment" un homme est mort dont il faut se souvenir, mais "comment" il a vécu.

Cet après-midi, en regardant un film hautement intellectuel - sans doute mettrai-je un post à ce sujet - narrant la vie d'un artiste martial, le fait d'entendre cette phrase a provoqué un écho en moi. Il est peu besoin de le rappeler pour ceux des disparus qui ont acquis suffisamment de notoriété de leur vivant. Les medias savent nous resservir leur biographie pour mettre en avant à quel point cette personnalité va nous manquer.

De même, lorsque nos proches disparaissent, sommes-nous assez lucides pour nous raccrocher aux faits marquants de la vie du défunt qui nous servent à retracer le fil conducteur d'une existence qui a soudain besoin d'être exhumée. Et nous parvenons à le faire avec suffisamment d'élégance. Nous évitons les écueils des derniers jours, des dernières souffrances, pour mettre en lumière tout ce qui nous a marqué, tout ce qui peut résumer l'être cher.

Qu'il faille se souvenir de la manière dont la personne a vécu est d'une grande justesse. Un philosophe dont le nom m'échappe arguait d'ailleurs que le plus sûr moyen d'accéder à l'immortalité était de faire en sorte que l'on se souvienne de nous.

Mais alors pourquoi ne nous le rabâche-t-on pas de notre vivant? Ce sont nos actes aujourd'hui qui décident des souvenirs que nous laisseront demain. Il faudrait, en conscience, savoir se rendre en accord avec soi-même pour ne pas brouiller les pistes que l'on veut laisser à notre entourage. D'aucun me diront que si l'on agit ainsi, dans le seul but de l'image laissée, alors plus rien n'est spontané, plus rien n'est vrai et que tout est dévoyable et dévoyé. Vrai. Ce n'est pourtant pas de cela qu'il s'agit.

Je parle moi de bien se rappeler que nous serons jugés à l'aune de nos actes. Que les souvenirs, bons ou mauvais, seront la conséquence directe de nos choix passés. Qu'il ne tient qu'à nous d'être droits, entiers, disponibles et ouverts aux autres ; de même que nous pouvons choisir de vivre truqueurs, faussaires et manipulateurs. Ces choix peuvent influer sur notre perception immédiate du bonheur, sur notre confort à court terme. Certes. Et justement. Mon propos porte sur la pérennité des souvenirs et la fatuité de nos désirs court-termistes et égoïstes.

Je ne crois pas au jugement Divin, à ce que les justes seront récompensés et inversement. Je pense plutôt que le message qui est transmis par cette vision religieuse porte une vérité philosophique, un de ces messages cachés qu'il convient de retrouver. L'on se remémorera les justes comme tels, et les truqueurs de même... Il n'est de repentance vraiment efficace que de sincère. Au delà de la portée religieuse, l'on entend par là que si repentance sincère il y a, alors le mode de vie doit changer. Et donc la nature des souvenirs laissés.

La motivation à cet écho et à ces pensées, pour m'apparaître en plein film, est évidemment tirée d'expériences personnelles récentes. Celles et ceux qui sauront lire ces lignes et les comprendre auront là l'opportunité de réfléchir et, je leur souhaite, d'évoluer. Pour ma part, je les remercie car au moins m'auront-elles fourni un sujet de réflexion.

HP76.

Posté par HP76 à 23:33 - - Permalien [#]