13 mai 2007

Don Quichotte ou Roi Arthur??

Comment l'intégrité est-elle récompensée en politique?

Déçu... Je suis déçu... Alors que beaucoup de cadres de l'UDF avaient suivi François Bayrou lors de la présidentielle en arguant avec véhémence contre les projets adverses, son succès du 1er tour (faire 18% et amener une tripolarisation dans le monde politique français est un succès en soi), la plupart de leurs élus sont allés se ranger sous la bannière de celui qui avait le plus de chances de remporter le second tour... Celui là même qui les insultait quelques semaines plus tôt en martelant qu'être centriste c'était ne pas avoir de projet ni d'idées.

Et d'un coup d'un seul, en retournant sa veste ("le centre sera représenté au gouvernement"), et en exerçant une pression terrible sur les 29 députés UDF, il (notre nouveau Président) pousse la quasi-totalité d'entre eux à déserter leur ancien champion.

La déception a du être grande dans l'entourage rapproché de François Bayrou - Hervé Morin en faisait même partie... comme je crois qu'elle est grande pour tous ceux qui croyaient en l'UDF...

Sans doute Bayrou le savait-il déjà, ou à tout le moins il le préssentait. C'est sans doute pour cela qu'il ne voulait pas partir avec l'UDF en campagne, mais bien créer un nouveau mouvement dans l'élan et la continuité de la ferveur qu'il a rencontrés pendant ces mois de campagne. Son "Projet d'Espoir" s'est classé en tête des ventes littéraires, sans doute les fédération départementales ont-elles aussi remonté une envie de faire du vrai, de ne pas se renier... Alors l'on pousse l'aventure au bout, en raison d'une intégrité d'idéologie qui donne des ailes.

L'idée était d'enfin faire exploser les frontières classiques, de travailler sur des idées et non des idéologies. Beaucoup dans le landerneau politique essayent aujourd'hui de récolter les fruits de cette explosion, pour les recomposer en leur faveur, toujours en bi-polarisation. Ainsi la "refondation du Parti Socialiste". Encore "l'ouverture au centre et la présence de centristes voire de personnalités de gauche" au gouvernement. Mais ces manoeuvres n'ont pour seul but que de jouer sur l'attractivité de masse et de récupérer les déçus de l'autre camp (Claude Allègre par exemple).

Alors, au milieu de ces marées, François Bayrou persiste à présenter des candidats pour toutes les circonscriptions aux législatives, fort de l'élan spontané de pré-adhésions à son Mouvement Démocrate. Face au PS. Face à l'UMP. Aucun accord. Rien. Les seules urnes pour arbitre. Au soir du 1er tour des législatives, nous saurons alors s'il aura eu la bravoure méritoire d'un Don Quichotte, luttant pour des chimères, ou s'il aura eu la clairvoyance d'Arthur et aura dégaîné son Excalibur pendant les présidentielles pour la porter plus haut et fonder un nouveau royaume qui viendra contrebalancer la puissance de ceux existants.

L'histoire politique française récente nous offrait jusque fin des années 90 trois forces politiques majeures, socialiste, gaulliste et communiste (j'ai évité les appellations latérales). Ces termes ont fait long feu. Il est temps d'en trouver de nouvelles pour notre pays, pour lui redonner sa place en Europe et dans le monde... Pour la parenthèse, je me rappelle bien que déjà, au sortir de la chute du bloc soviétique, de nombreuses voix s'élevaient au sein du PS pour l'appeler à se rénover et évoluer vers une version plus moderne, plus social-démocrate. Et peût-être est-ce ce que les Français appelaient de leurs voeux en faisant alterner les cohabitations... Un équilibre des pouvoirs, ni trop d'un côté ni trop de l'autre...

HP76.

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